“Les bénévoles au cœur du projet”

Cédric Bertrand, un bâtisseur dans l’âme !

Si les filles du MFC-TG sont aujourd’hui au firmament de la Division 2 féminine, elles le doivent à cet homme qui, sans bruit, sans aucun tapage environnant, place des projets et les mènent minutieusement à leur terme. Il est venu de Lafrançaise à pas de velours, il a enfourché le survêtement et le costume pour créer ce qui est, aujourd’hui, un des fleuron majeur du club présidé par Jean Michel Malavelle ; l’osmose s’était immédiatement créé entre les deux hommes et le vice président Michel Cathala. Cédric Bertrand est sans conteste un bâtisseur méthodique, patient, déterminé ; rien n’échappe à son regard de « maçon » , les fondations sont à la bonne place, les murs bien consolidés et la toiture de cette formation de D2 bien relayée par Soraya Belkadi et son staff, et par un président qui à un œil périphérique sans faille sur l’ensemble du club. Oui Cédric Bertrand fait parti de cette race de grand dirigeant-technicien ; un bel exemple de miroir à une face qui donne toujours le bon reflet de sa propre image. Il se confie ! 

Ma modestie est surfaite

“Je ne peux pas commencer cette interview sans avoir une pensée très émue pour Robert Landes. Il ne manquait jamais de s’intéresser au développement des féminines, souvent les jeunes filles arrivées pour leur premier entraînement avec la recommandation de Robert. Une immense peine vraiment”.

 1/ Votre discrétion est à l’image de votre efficacité dans les projets abordés ; un reflet de votre personnalité ?

Discrétion, c’est dans ma nature, même si j’essaie de changer cet aspect de ma personnalité. Après est-ce qu’elle est efficace lors de la conduite de projet ? je ne sais pas du tout. L’efficacité pour moi, vient surtout de la motivation, si je crois en ce que je fais et si ce projet a pour but d’apporter quelque chose aux “autres” , alors mon investissement est total. C’est le cas pour le développement de la section féminine : j’étais convaincu que l’on pouvait faire quelque chose d’intéressant qui permettrait de partager de bons moments.

 2/ Pouvez-vous faire connaître votre parcours de sportif ?

Mon parcours sportif s’est fait au gré des mutations professionnelles de mes parents. Mes premiers pas sur un terrain, je les ai fait au lac du Saut du Loup à Miramont de Guyenne.(1977-1979) Mes années “pupilles” et première année minime dans le club de Sarlat-La-Caneda (1980-1983), puis 2 ans au Stade Cadurcien” (1984-1986). En 1986, mes parents se sont définitivement installés à Montauban. J’ai rejoint le MFC pour la saison 1986-1987. Puis je suis parti à Lafrançaise ; j’y ai passé 20 ans, joueur, éducateur, trésorier… De bons souvenirs En 2007, j’ai rejoints le MFC-TG en tant que responsable technique de l’école de football, puis rapidement le projet de créer une section féminine s’est imposé et je me suis consacré uniquement à cette mission.

3/ Vous avez longtemps travaillé au sein du SC Lafrançaise, réalisant un un livre remarquable qui retrace l’histoire du club  ; comment s’est effectué votre venue au MFC-TG ?

Essentiellement pour des raisons professionnelles ; ayant pris des fonctions de nuit dans mon nouvel emploi, je n’avais plus la disponibilité nécessaire pour aller à Lafrançaise. Parallèlement, le club du MFC-TG amorçait une nouvelle étape de sa reconstruction. L’idée était de structurer le club avec des responsables techniques et des responsables de catégorie. J’ai donc postulé et après divers entretiens avec le responsable technique Féthi Kerraoui et le vice-président Michel Cathala, j’ai été retenu sur le poste de responsable de l’école de football.

4/ L’équipe féminine, c’est un peu votre bébé, en osmose avec JM Malavelle ; pouvez-vous retracer l’histoire ?

A mon arrivée, effectivement le club n’avait pas de féminine. Membre de la commission féminine du District, j’ai participé à de nombreuses réunions dans lesquelles l’absence du MFC-TG était souvent regrettée, voire dénoncée. Logiquement quand le MFC-TG m’a recruté, le projet de développer une section féminine était une évidence.  Jean-Michel m’a donné carte-blanche pour ouvrir le club aux féminines.

En 2009, nous avons eu nos 3 premières licenciées dans les toutes petites catégories, mais dès l’année suivante la mise en place d’une équipe féminine senior a permis de mettre un premier coup de projecteur sur cette section. D’autant plus que le club nous a placés dans les meilleures conditions, gratuité de la licence, entraînement au Saulou. Le coup de « boost » est venu de l’arrivée de 3 joueuses militaires  à l’ALAT, qui a permis de bonifier l’effectif.

Après, tout s’est enchaîné, comme on pouvait l’espérer, l’école de football s’est étoffée chaque année, tandis que le groupe senior connaissait 4 montées successives pour atteindre la DH. Avec des souvenirs très forts, comme le but d’Émilie Cros à la Fobio à la 97e d’un match épique contre Sarrancolin qui nous permettait de disputer les barrages de montées en DH.  Lors de notre première saison en DH, les filles ont réalisé le doublé coupe-championnat, et elles ont disputé pour la première fois le barrage d’accession à la D2. Et puis l’arrivée de Soraya (Belkadi) a donné une nouvelle dimension à l’équipe, avec la saison inoubliable de la montée en D2 et ce dernier match de barrage à la fin du mois de juin contre Nice, qui venait matérialiser  concrètement le projet que j’avais imaginé.

10 ans après on peut mesurer le chemin parcouru : En 2010, nous avions une équipe senior et une U12-U15F, cette année le club dispose de 3 équipes seniors D2, R1 ,R2, 2 équipes U18F en R1et R2, 1 équipe U15F en R1, 2 équipes U12-U13F, 2 équipes U9-U11F, 1 équipe U6-U8F, sans oublier la toute nouvelle équipe senior futsal, soit plus de 150 licenciées. Et dernièrement le label-or pour l’école de foot féminine est venu récompenser le travail effectué par les éducateurs.

 5/ Aujourd’hui quel est votre rôle dans cette catégorie ?

J’ai conservé la responsabilité des catégories école de football (U6-U13F), la porte d’entrée dans le club qui me semble fondamentale ; il faut accueillir ces jeunes filles le mieux possible et montrer aux parents souvent réticents à l’idée que leur fille joue au foot, qu’elle peut y trouver, outre la pratique d’un sport collectif, des outils de socialisation et des valeurs très utiles à leur formation. J’ai conservé ces catégories également car  j’ai plus une âme d’éducateur-formateur, plutôt que celle d’un compétiteur. Pour moi l’éducateur doit s’attacher à faire progresser toutes ces joueuses quelles que soient son niveau. C’est le message que je souhaite faire passer aux éducateurs de mes catégories.

6/ Et cette modestie ?

Je pense qu’elle est un peu surfaite, je suis très fier du travail accompli,c’est une réussite indéniablement  mais je ne m’en attribue pas tous les mérites. Le président, Jean-Michel Malavelle et le vice-président, Michel Cathala ont une part importante ; ils ont cru au projet et en ont facilité la mise en œuvre tout comme les premiers éducateurs qui m’ ont suivi  : Patrick Sabatié, Jean-Michel Bourdoncle, David Gelineau, Laurent Portelli, qui se sont investis à un moment où rien n’était gagné ; cette belle aventure leur appartient aussi. Et puis bien évidemment les joueuses, celles qui nous ont fait confiance et c’est bien entendu elles qui sont allées chercher la réussite sur le terrain. C’est un travail collectif. Et quand ça marche, c’est gratifiant.

Partagez cette page !!